Préparé par Nathalie Lafranchise, Ph.D.

Vous hésitez à vous faire observer par votre accompagnateur.trice ? Cela vous rend nerveux.se ?
Vous vous dites : « Et s’il.elle ne me trouve pas bon.ne ? »
Lisez ce qui suit.

J’avais l’impression d’avoir eu une animation fragile, peu en maîtrise du processus.[…] (L)es commentaires [de l’accompagnatrice] ont nuancé cette perception et renforcent ma confiance. Elle m’a reflété une bonne maîtrise de techniques d’animation et une meilleure maîtrise du processus que je croyais. (journal de bord – A16-11fév.)

C’est le témoignage d’un animateur ayant bénéficié de l’observation-rétroaction-dialogue.
Nos résultats de recherche, lors de la première phase de notre programme de recherche (2013-2016) ont révélés des répercussions positives, c’est-à-dire allant dans le sens des apprentissages et du développement souhaités par les animateurs.trices. L’observation-rétroaction-dialogue a permis aux animateurs.trices participant.e.s lors de la première phase de recherche, de cheminer et de poursuivre le développement de leurs compétences, en plus de se sentir plus confiantes et plus efficaces.

Différents effets positifs

Voici en vrac, des effets révélés par les animateurs.trices ayant participé à la première phase du programme de recherche :

  • avoir le sentiment d’être soutenu et d’être appuyé ;
  • être révélé à soi-même (mieux se connaître comme animateur.trice, ses forces, ses défis) ;
  • construire des connaissances ;
  • être motivé à améliorer sa pratique ;
  • mettre en pratique des éléments de la rétroaction dans la pratique d’animation ;
  • augmenter sa capacité d’agir et sa confiance ;
  • nuancer des perceptions ;
  • faire des prises de conscience.

Une posture d’accompagnement spécifique pour une rétroaction optimale

Pour un maximum d’effets positifs découlant de l’observation-rétroaction-dialogue, nos résultats de recherche mettent en relief une posture spécifique d’accompagnement qui invite à formuler une rétroaction de la manière suivante :

  • descriptive (une description écrite ou orale des actions et réactions observées, sans aucune évaluation, sans aucun jugement);
  • réflexive (utilisation du questionnement afin de faire réfléchir l’animateur.trice au sujet de ses actions et réactions observées, leurs causes, leurs effets… dans une visée d’autonomisation);
  • misant sur les forces (une approche positive est adopter afin de révéler les forces afin de se les approprier);
    interactive (suivi par la suite d’un dialogue avec l’animateur.trice au sujet de la rétroaction et des questionnements;
  • qui prend en compte la dimension affective de la personne animatrice (respectueuse, bienveillante et qui prenant en compte des émotions que la rétroaction peut susciter);
  • qui prend en compte les objectifs de développement de l’animateur.trice dans la rétroaction et le dialogue. Lors du dialogue suivant la rétroaction, il était possible d’échanger au sujet de stratégies ou d’éléments conceptuels, de partager des expériences, de donner des exemples de pratiques gagnantes et de formuler de nouveaux défis en termes d’objectifs que souhaite poursuivre l’animateur.trice.

Pour en savoir plus :

  • Lafranchise, N., Paquet, M., Gagné, M.-J. et Cadec, K. (à paraître en 2019). Accompagner les animateurs pour optimiser les groupes de codéveloppement. Dans F. Vandercleyen, M.-J. Dumoulin et J. Desjardins (dir.), Former à l’accompagnement de stagiaires par le codéveloppement professionnel : conditions, défis et perspectives (p. xx-xx). Québec : Presses de l’Université du Québec.
  • Paquet, M., Lafranchise, N., Gagné, M.-J. et Cadec, K. (2017). La rétroaction : une manière de développer une posture et un leadership d’accompagnement chez des personnes animatrices de groupes de codéveloppement. Dans M. Saint-Jean, N.
  • Lafranchise, C. Lepage et L. Lafortune (dir.), Regards croisés sur la rétroaction et le débriefing : accompagner, former et professionaliser (p. 57-76). Québec : Presses de l’Université du Québec.
  • Sabourin, N., Lafranchise, N. et Lefebvre, F. (2017). Comment maximiser l’impact des groupes de codéveloppement professionnel ? Repéré à : http://www.portailrh.org/expert/ficheSA.aspx?p=677043.
  • Sabourin, N. et Lafranchise, N. et Lefebvre, F. (2017). Les groupes de codéveloppement professionnel comme moteur de transformation organisationnelles Repéré à : https://ordrecrha.org/ressources/developpement-competences/2017/01/les-groupes-de-codeveloppement-professionnel-comme-moteur-de-transformations-organisationnelles.
  • Lafranchise, N., Paquet, M. et Cadec, K. (2016). Et si on accompagnait les animateurs ? Revue RH, 19(2), avril-mai 2016.

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